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Des yeux d'un vert intense qui
rappellent ceux d'Alain Delon jeune. Une coupe de cheveux en pétard
et une barbe de trois jours qui rappellent que Jude Law est un jeune
homme de son temps : Le très britannique Jude Law, pas star pour un
sou dans sa relation avec la presse, est le nouveau phénomène
masculin de Hollywood.
Anna Leclerc
M. C.: Puisque l'on parle d'amour et d'obsession, est-il vrai
que vous avez fait tatouer sur votre bras un refrain entier de «Sexy
Sadie », des Beatles, en hommage à Sadie Frost, votre ex-épouse?
J. L.: Oui! C'était une
expression d'engagement qui n'est, hélas, plus d'actualité...
M. C.:
Vous affirmez que votre vision de l'existence
ressemble à celle de votre personnage, Inman (Retour
à cold montain ). Pourtant, la presse anglo-saxonne
brosse le portrait d'un fêtard patenté...
J. L.:
Tout bonnement parce que ma vie n'est pas assez
vendeuse... alors on brode! En Angleterre,
lorsqu'une certaine presse n'a rien de
croustillant à se mettre sous la dent, elle ne
s'encombre pas avec la déontologie. Du coup, on
n'écrit plus l'information, on l'invente.
M. C.:
Concernant votre film « Retour à Cold Montain »,
comment avez-vous abordé la scène au lit avec Nicole
Kidman qui semble plus vraie que nature? (Une rumeur
insistante prête aux deux acteurs une love-story sur
le plateau, cause de la séparation de Jude Law avec
la mère de leurs trois enfants, ndlr.)
J. L.:
Je me doutais que vous alliez me poser cette
question! Ecoutez: cette fameuse scène, je l'ai
abordée comme un acteur qui ferait le maximum
afin que l'on croit à cette fusion sexuelle que
tout le monde attend depuis le début du film.
Mais tout ça est très technique. On vous demande
de poser les mains-là, de pousser des petits
cris et d'y croire un minimum.
M. C.:
Anthony Minghella dit de vous:
«C'est un animal superbe et
charismatique, dangereux et cruel.»
D'accord?
J.
L.:
(Rires.) Anthony trouve toujours
la formule qui fait mouche.
Celle que les journalistes
reprendront ensuite à leur
compte. Superbe, je ne pense
pas. Charismatique, c'est un
minimum quand vous exercez le
métier d'acteur, et si vous
voulez attirer les foules dans
les salles obscures. Dangereux,
je dirais plutôt «qui se met en
danger» afin de ne pas tomber
dans une certaine routine.
Cruel? Oui, mais à dose
homéopathique. C'est
indispensable si vous ne voulez
pas vous faire bouffer par ce
milieu extrêmement rude.
M. C.:
Vous n'allez pas
nous chanter le
couplet du beau mec
complexé qui ne
supporte pas son
reflet dans le
miroir...
J. L.:
C'est clair
qu'on ne me
demandera jamais
de jouer
Quasimodo!
(Rires.) Je ne
peux pas dire
non plus que mon
physique m'ait
desservi, parce
que ça serait
être démago!
J'ai conscience
de développer un
certain pouvoir
de séduction.
Mais voyez-vous,
j'ai toujours
évité de jouer
les gravures de
mode blonds aux
yeux verts, les
types sûrs de
leur sex-appeal!
J'ai toujours su
qu'il n'y avait
rien de plus
barbant qu'un
prince charmant.
M. C.:
A vous écouter, être
un canon, c'est un
boulet!
J. L.:
Ne riez pas: ça
l'a été jadis!
J'avais un
accent de
«bourge», de
grands yeux de
biche
romantiques et
des bouclettes
blondes, je me
suis fait
traiter de
tapette dès mon
premier jour à
l'école. Comme
je m'en prenais
plein la tête,
mes parents
m'ont envoyé
dans un
établissement
privé. J'ai
alors décidé de
me raser les
cheveux.
Seulement voilà,
on m'a pris
cette fois-ci
pour un voyou !
M.
C.:
Maintenant
que
vous
êtes
séparé
de
leur
mère,
l'actrice
Sadie
Frost,
vos
trois
enfants
ne
souffrent-ils
pas
trop
de
cette
orgie
de
tournages?
J. L.: Je suis comme tout père divorcé. Comment leur expliquer que leurs parents se sont séparés pour telle raison ? Dans un divorce, il n'y a pas un gagnant et un perdant, mais deux victimes !
M. C.: Vos projets pour cette année?
J. L.: Je vais arrêter de fumer, parce que c'est mauvais pour ma santé... Mais à quoi bon se fixer des règles lorsqu'on sait qu'on ne les appliquera pas ? retour
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